1938 MAUTHAUSEN 1945
MAUTHAUSEN C’EST POUR LES DÉPORTÉS LES 186 MARCHES DE LA CARRIÈRE DE GRANIT.
Le camp de Mauthausen, c’est pour les déportés des 186 marches de la carrière de granit. C’est aussi le seul camp de catégorie 3 dans la classification d’Heydrich, catégorie réservée auz détenus devant subir le traitement rigoureux. Mauthausen est, à cette époque, une petite ville paisible entourée de douce collines, blottie sur la rive gauche du Danube au courant d’autant plus rapide qu'’il reçoit les eaux de l’Enns, l’une des plus puissantes rivières alpines. Elle est située à 25 kilomètres à l’ouest de Vienne, la ville capitale. À l’horizon: Les Alpes et la forêt de Bohême. Au nord commence les vastes et giboyeuses forêts du Mühlviertel.
Le KZ est construit sur une colline dominant le Danuble, à 3 kilomètres de la ville, à l’aspect d’une forteresse impressionnante, avec ses murs de granit, ses tours de guet avec meutrières, ses chemins de ronde, son entrée imposante surmontée d’un aignle de bronze à croix gammée. Le RP Riquet, évoque ainsi le KZ. Mauthausen charmant village accoté à la montagne, les pieds baignant dans le Danube, fraîche et parfumée comme l’Alpe tyrolienne qui barre l’horizon. Ses collines verdoyantes, les pins noirs abritant les maisonnettes blanches et rose, dans le lointain la crête neigeuse et les glaciers des Alpes sur lesquelles se détache mystérieusement, la Creta Dormiente, quel décor d’opérette viennoise! À la pointe du promontoire sur lequel s’étend le Revier, la même ou la vue embarasse, émervillés, la splendeur de ses couchants qui rendent incadescent le Danube et bigarrent le ciel de toutes les nuances de l’or et de poupre, on voit chaque jours s’entasser les plus tristes cadavres squelettiques, les yeux béants, la bouche tordue.
C’est la que se trouve la plus grande carrière de granite d’Autriche. Elle appartenait naguère à la ville de Vienne, d’où son nom de Wienergraben. Elle avait fourni les blocks utilisés pour la construction des rues, des ports et de nombreux édifices de Vienne et de beaucoups de cités d’Europe centrale. Après l’Anschluss, les SS en sont devenus propriétaires. L’exploitation en est facile grâce au Danube et aux voies ferrée.
L’immense entrés du camp de Mauthausen avec ses deux tours de guets.
Au début de 1936, un Kommando du KZ de Dachau composé de criminels de droit commun arrive pour travailler dans la carrière. Peut après Himmler décide de créé un KZ sur la colline dominant cette carrière, pour l’exploiter grâce à la main-d’œuvre des déportés. La construction commence avec ces prisonniers. D’abord des Allemands advairsaires du nazisme, puis les Autrichiens et des Tchèques des pays envahis, puis des Polonais après leur défaite, puis des Républicains espagnols au début de 1941, puis les Soviétiques prisonniers de guerre et civils après l’invasion de l’U.R.S.S. et des déportés de tous les pays asservit.
LE SITE
Une solide enceinte supportant de huit rangs de barbelés électrifiés. Ce mur ne sera d’ailleurs pas achevé, la partie non terminée étant interdite par des barbelés électrifiés de 3 mètres de haut. À part, se trouvent les ateliers et à partir de 1943, le camp des malades. Le plan du KZ est semblable è celui des autres camps : Les baraques, vingt-cinq Blocks disposés du nord au sud par rangées de cinq, font face à la place d’appel. Ces Block destinés aux détenus sont en bois et mesurent environs 50 mètres de long sur 7 mètres de large, comprenant un dortoir, une pièce commune et une petite pièce d’eau. Les bâtiments affectés aux sous-officiers SS et aux bureaux, placés perpendiculairement à la place d’appel, sont du même type. Ils sont toutefois revêtus à l’intérieur d’Isorel et chauffés. Le Bunker est construit en pierre. À partir du 8 octobre 1941. Dans ses caves sont aménagés le four crématoire et les salles d’exécutions. C’est en pierre que sont construit la Kommandatur et les bureaux SS (à partir du 5 février 1942), ainsi que les casernes des SS.
Mauthausen est un KZ de catégorie 3, le plus dur. Ainsi pour l’année 1943, 7 058 de ses détenus périrent sur un total de 15 000 (soit 58%), alors qu’à Dachau avec 2 700 décès sur 7 500 prisonniers, la mortalité n’est que de 36%, de 19% à Buchenwald (1 522 sur 7 730) et de 16% à Sachenhausen (1 816 sur 11 111). Il convient de préciser que Mauthausen perdra ce triste record à partir de 1942.
Devant l’afflux de prisonniers, de nouveaux baraquements sont aménagés à partir d’août 1944, ainsi qu’un camp supplémentaire de seize grandes tentes. Le KZ couvre alors une superficie de près de 100 hectares, les deux tiers constituant le camp proprement dit, le reste étant occupé par les carrières.
Quand aux officiers SS et le commandat Frank Ziereis, ils habitent avec leur familles dans de jolies villas proches du camp.
Georges Bachmeyer, adjoint de Ziereis, commandant du camp passe en revue un groupe d’Espagnols pendant l’été 1941. On exigeait des détenus un rendement maximun et ils travaillaient 12 heures par jour dans des conditions inhumaines. En 1940-1941, les Espagnols constituaient un groupe important de déportés politiques, considérés comme ennemis dangereux du IIIe reich. Ils devaient être exterminés par les travaux forcés et les tortures.
LES EFFECTIFS
Franz Ziereis 1905-1945
L’effectif de la garnison ne va cesser de croître : 817 hommes à la fin de 1941, 1 282, en décembre 1942, 5 812 en décembre 1943, 5 812 en décembre 1944. À l’origine les gardiens sont des SS appartenant à la division Totenkopf. À partir e décembre 1944, ils sont partiellement relevés par des soldats de la Luftwaffe et du Volksturm. Le personnel SS des services centraux compte 260 hommes à la fin de 1944.
À cette date, le commandant du KZ est Franz Ziereis qui arrive en 1939 avec le grade de capitaine il restera en fonction avec le grade de colonel.
L’ACCUEIL DES PRISONNIERS
L’accueil à Mauthausen est semblable à celui réservé aux déportés dans les autres KZ. C’est ce qui indique Michel de Bouard qui y arrive comme NN. L’entrée au KZ donnait lieu aux formalités. Dépouillement des vêtements et de tous objets personnels, y compris les bagues. On gardait seulement la ceinture tenant le pantalon. Puis c’est la douche, dans une vaste salle carrelée, aménagée sous la blanchisserie; après quoi le corps est entièrement rasé au rasoir et enduit d’un liquide insecticide; enfin, chaque nouveau reçoit une chemise et un caleçon à petite raie violettes et blanches, du type utilisé dans les prisons du Reich, et deux sandales à semelles de bois (qui font rarement la paire).
C’est alors l’entrée en quarantaine (Block 16 à 25 et le camp 3 depuis lors), où l’on dort, serrés et tête-bêche comme des sardines en boite, sur des paillaces à même le sol, ou un trou rectangulaire ouvert dans la cour du Block tient lieu de WC (ceux-ci existent, mais sont interdit); ou pleuvent à longueur de journée brimades et brutalité.
TRAVAIL ET VIE QUOTIDIENNE
Les Kommandos d’entretient sont les mêmes que dans les autres KZ. Un seul Kommando industriel existe à Mauthausen, la petite usine Messerchmitt construite en 1943, dans la carrière. Cette fabrique de bretelles pour l’armé, (bandes de mitrailleuses) a surtout pour object d’occuper un travail léger à quelques internés âgés ou impotents. Ils seraientt exterminés comme inutiles dans les autres KZ.
La plupart des kommandos sortaient ensemble, le matin à 7 heures, du camp intérieur. Avant de franchir la porte, chaque Kapo annonçait à haute voix à l’Arbeitsdienstführer Trump, debout devant un pupitre, le nom et l’effectif de son Kommando. De même au retour du travail, soit à midi, soit le soir à 6 heures : si le lieu de travail n’était pas tout proche de l’enceinte intérieure, les détenus y recevaient la soupe à midi ; dans le cas contraire, ils revenaient la prendre à leurs Blocks.
L’appel général du soir terminait la journée de travail. Cet appel, dont la durée interminable faisait dans certains camps une épuisante épeuve, était à Mauthausen assez bref. Après quoi l’on distribuait dans chaque Block la ration du soir et les détenus pouvaient circuler dans le camp jusqu’au couvre-feu. Mais si les surveillants étaient de méchante humeur incident au camp, mauvaises nouvelles du front, ect), à la sonnerie du couvre-feu était substitué, sans préavis, un lacher de chiens ; c’était alors le sauve-qui-peut vers les Blocks, au milieu des aboiements et des hurlements des traînards que les bêtes happaient. Le dimanche, la plupart des Kommandos ne travaillaient pas. Ce jour-là le camp était méconnaissable.
La célèbre tenue rayée n’était guère portée que par les hommes envoyés en Kommandos extérieurs. À Mauthausen même, on portait des vêtements civils, fournis par le magasin d’habillement : c’étaient les effets enlevés aux détenus lors de leurs entrées au camp.
L'entrée du camp de Mauthausen
EXÉCUSION INDIVIDUELLES
C’est en permanence que les exécutions ont lieu auKZ. Dans la nuit du 17 au 18 février 1945, 400 malades arrivés la veille avec un gros convoi d’évacués de Sachenhausen Ils furent laissés nus par un froid de moins 10C sur l’Appellplatz, puis aspergés d’eau froide; la cadence des morts n’étant pas assez rapide, trois SS armées de gourdins, puis de haches entreprirent un massacre auquel, échappèrent une trentaines d’hommes seulement. Les cadavres furent aussitôt apportés au crématoire et les morts enregistrées comme naturelles.
À Mauthausen plusieurs méthodes sont utilisées pour procéder aux exécusions. L’une des plus courantes est celle dite de la toise. Le condamné est amené par l’escalier se trouvant à côté du Bunker dans le corridor situé sous ce dernier. Là il est placé contre le mur et un curseur est abaissé sur sa tête comme pour mesurer sa taille. Derrière le mur de brique se trouve un SS muni d’un fusil spécial dont le canon s’enfonce dans un orifice caché dans le mur, exactemet à la hauteur du cou du condamné. Une balle suffit.
La pendaison de prisonniers a lieu dans la même zone du camp. Le détenu descend par le même escalier et une fois dans le sous-sol, à un endroit précis, une corde lancée par un gardien forme immédiatement un noeud coulant autour de son cou. Dans les deux cas. Le condamné n’a pas le temps de comprendre le sort qui va lui être réservé.
Les 186 marches de la carrière du KZ de Mauthausen
Le principal Kommando est celui de la carrière, Il est entouré de barbelé et de miradors. Chaque jour, des milliers d’hommes y descendent pour extraire des blocs de granit. Le travail est aussi pénible que celui qui a été créé à Gross-Rosen. Pour commencer, il fallait transporter des milliers et des milliers de blocs de granit à main nu pour bâtir les habitations en pierre et l’enceinte du camp. Les 186 marches conduisant du camp à la carrière aggravent le calvair des déportés. Chaque matin, il faut descendre ces 186 marches, au pas de course, sous les coups des SS placés tout au long. Le soir la remontée s’effectue par groupe de cinq, le plus souvent avec une pierre sur le dos. Celui qui tombe est aussitôt abattu par un SS ou précipité du haut de la carrière.
PUNITION
La seul punition prévue par les règlements étaient la bastonnade : 25, 50, 75 coups. Inutile de dire que l’on ne résistait que très rarement à plus de 50 coups. Beaucoups succombèrent avant.
CHAMBRE À GAZ
La chambre è gaz de Mauthausen
Les victimes avaient été conduites vers le vestiaire, où elles devaient se déhabiller, pui ils pénétaient dans la pièce voisine où se trouvait plusieurs SS revêtus de blouses blanches. Ceux-ci mettaient une spatule de bois dans la bouche des victimes pour voir s’il y avait des dents en or. Si c’était le cas, le détenu était marqué d’une croix de couleur sur la poitrine ou sur le dos. Puis les victimes étaient menées dans la chambre è gaz carrelée, munie d’une installation de douches. À peut près quinze minutes après l’admission du gaz, Martin Roth : Le SS de service constatait par le regard situé dans la porte qu’aucune des victimes ne bougeait plus et mettait en marche les ventilateurs qui aspirait le gaz par une cheminée. Puis Roth ouvrait la porte de la chambre à gaz, après avoir vérifié au moyen d’un papier de couleur préparé à cet effet qu’il ne s’y trouvait plus de gaz et ordonnait aux détenus placé sous ses ordres de porter les cadavres à la morgue du crématorium. Avant la crémation, on coupait les longues chevelures des victimes féminines et les dentistes SS extrayaient les dents en or des détenus qui ont été gazés.
CAMIONS À GAZ
Tantôt le camion faisait la navette entre Mauthausen et Gusen : Dans chacun des camps on y chargeait des détenus, pour la plupart invalides et on déchargeait leurs corps à l’autre bout. Tantôt il circulait à l’intérieur du camp de Mauthausen jusqu’à ce queût cessé de vivre, son chargement humain qu'’il transportait ensuite au crématorium. C’était le SS, et en particulier le médecin du camp le Dr Kresback qui choisissaient les victimes.
De l’ensemble des mémoires et des indications données, il résulte qu’entre 1942 et le 28 avril 1945, les gazages ont fait à Mauthausen plus de 4 000 victimes. En premier lieu, des citoyens soviétiques, mais aussi de nombreux Tchèques, Polonais et dans la dernière période des assassinats, principalement des membres de la Résistance autrichiennes, Allemandes, Yougoslaves, italiennes et Françaises.
Kogon, Lanbein et Rückerl considèrent que parmi les camps de concentration qu’on peut qualifier de camps d’extermination au sens strict du thème, Mauthausen est un cas particulier : on y a tué par les gaz plus de détenus que dans les autres KZ de concentration, que ce soit dans le camp principal, dans le camp annexe de Gusen ou dans un camion à gaz qui faisait la navette entre Mauthausen et Gusen.
C’est à l’automne 1941 qu’est introduite la chambre à gaz du camp principal, dans la cave du Revier et près du crématoire. C’est une pièce de 3,8 mètres sur 3, 5 mètres de large, équipée de la même façon que celle qui ont déjà été décrites.
SS Marin Roth
Le tribunal de Hagen, en Westphalie, a jugé le SS Martin Roth qui a dirigé le crématoire de mai 1940 à fin avril 1945. Il a avoué avoir pris part, entre mars 1942 et fin avril 1945, à l’assassinat au moyen du gaz Zyklon B de 1 692 déportés.
La chambre à gaz du camp principal a fonctionné jusqu’à la veille de la libération. Un détenu tchèque a noté qu’entre le 21 et 25 avril 1945, 1 144 personnes ont été gazées. Le dernier gazage a lieu le 28 avril. Dans les jours qui suivent, les SS font enlever les installations techniques afin de dissimuler la chambre à gaz aux Américains.
Étiquettes de boîte allemande de Zyklon B en 1946. On peut lire, poison gazeux, ne doit être ouverte par des personnes expérimentés.
Sur la base des recherches effectuées par les tribunaux, qui n’ont pu s’appuyer que sur des documents incomplets car la mention exécution par le gaz figure rarement sur les registres, le total des personnes gazées a été évalué à 3 455, chiffre qui est donc inférieur à la réalité.
CAMP DE GUSEN
Plusieurs gazages ont lieu dans le camp auxiliaire de Gusen, doté d’une installation similaire à celle du camp central. Ainsi 164 prisonniers de guerre soviétiques malades y sont gazés le 2 mars 1942 et 684 détenus inaptes au travail les 21 et 24 avril 1945. Il n’y a pas de renseignements sur les autres gazages pratiqués à Gusen.
EXPÉRIENCES MÉDICALES
Mauthausen : les terribles expériences du Docteur Rascher, commandées par la Luftwaffe. Ce détenu est en train de mourir dans de l'eau glacée.
Toute une gamme d’expériences médicales ont été menée sur les déportés de Mauthausen et de Gusen. Elles comportaient l’essai de nouveaux vaccins et de nouvelles techniques d’alimentation forcée. Elles étaient supervisées par les médecins du camp ; le docteur Kresbach, le docteur Richter, le docteur Ramsauer, le docteur Gross et le docteur Wolter (qui avait été précédemment à Dachau, où il avait choisi des prêtres pour ses expériences). Ils pratiquaient aussi des opérations arbitraires aussi bien sur les malades que sur les détenus bien-portants, impliquant l’ablation de diverses parties du cerveau, de l’estomac, de la rate ou de l’intestin. Ces interventions avaient lieu dans la salle de dissection et les pièces anatomiques enlevées étaient mises en bouteilles et conservées.
ÉVASIONS
Les évasions du camp principal ont été extrêmement difficiles. Les tentatives ont été plus nombreuses dans les kommandos et les camps extérieurs et quelques-unes ont réussi, surtout vers la fin de la guerre.
Ainsi des Français internés à Loïblpass près de Mauthausen peuvent s’évader le 17 septembre et le 7 octobre 1944 : des Autrichiens les hébergent et les mettent en relation avec des partisans slovènes qui les accueillent. Le 15 novembre 1944, l’Allemand Kaspar Bachl, travaillant lui aussi dans un camp annexe de Mauthausen, parvient à s’évader avec l’aide de sa femme ; il est hébergé jusqu’à la fin de la guerre à Fuschl chez des antinazis.
La population n’a d’ailleurs pas toujours cette attitude. Par exemple le 5 avril 1942, trois Espagnols parviennent à s’évader de Vöcklabuck, kommando dépendant de Mauthausen, en grande partie grâce à l’aide d’une jeune fille qui leur procure des cisailles ; arrivés dans la montagne, ils rencontrent un garde forestier qui tire sur eux sans avertissement et les blesses.
La tentative la plus importante a lieu au camp central dans la nuit du 2 au 3 février 1945, lors d’une révolte du Block 20 par des officiers soviétiques environ 400 s’évadent grâce à des couvertures jetés sur les barbelés électrifiés, plus de trois cents furent tués ou capturés. Les hommes demeurés au Block 20 furent exterminés le lendemain matin et le Block désafecté. Finalement dix-sept fugitifs seulement ne furent pas retrouvés.
LA FIN
Dans les derniers mois de la guerre, les conditions d’existences au KZ et dans ses camps annexes se modifient du fait de l’afflux d’évacués provenant des autres KZ Auschwitz, Gross-Rosen, Sachenhausen et Ravensbrück. La ration alimentaire diminue encore : Le dernier mois, chaque déporté ne reçoit quotidiennement que 100 grammes de pain et de l’eau chaude, au camp, des malades, aucunes nourritures n’est distribuée à différente reprise.
L’article de Michel de Bouad permet de suivre l’action de l’organisation clandestine du camp, dont il est l’un des responsables : Dès 1944, le principe et la préparation lointaine d’une action militaire avait été envisagés; mais ses en février 1945, que prit corps l’organisation de combat des Häflinge. À cette date, les Comités nationaux et le Commité International avaient, très efficacement préparé le terrain. Chacun d’eux fut alors doublée d’un groupe de commandement militaire. Les hommes les plus valides furent groupés en petite unité de combat et instruit de la tâche qui leur était dévolue. Quelques pistolets et grenades à main avait été soustraits du magasin d’armes SS par des détenus espagnols travaillant au garage. Ils avaient fabiqués une clef d’un meuble qu’ils savaient contenir des armes et des munitions. Le 7 mai au matin, l’armée américaine prend possession du camp. Celui-ci n’avait pas été signalé à la 11e division opérant dans le secteur et rien n’avait été prévu pour améliorer le sort des détenus au moment de la libération du camp. Plus de 700 cadavres entassés dans les allées attendent l’incinération.
Dans les derniers jours d’avril, le camp de Mauthausen les déportés voient les SS qui se retirent et Ziereis transmet le commandement du KZ au capitaine Kern de la Schutzpolizei de Vienne. Le Comité international délègue vers celui-ci le docteur Durmeyer et Hans Marsalek, Kern accepte que le Comité international administre le camp intérieur. Le 5 mai, le Comité International tient sa première réunion non clandestine sous la présidence du docteur Durmeyer. Il décide que les groupes de combat, sous le commandement du colonel autrichien Codré et du major soviétique Pirogov, occupent le village de Mauthausen et se mettent à la recherche des SS en fuite, Le bourgmestre nazi de la commune est remplacé par un antifasciste.
D’après Michel Brouad le 11 mai 1945, le camp central comptait encore 15 211 déportés dont 2 079 femmes. Le 7 juin, tous les Français, Belges, Luxembourgeois, Hollandais et Soviétiques ayant été rapatriés, il reste à Mauthausen 5 200 déportés dont 850 femmes; 1 621 sont malades. 320 000 détenus avaient été immatriculés à Mauthausen et dans ses annexes. Le chiffre officiel des victimes n’ayant pas été enregistrées, le nombre total des victimes doit approcher de 200 000. Un monument a été érigé au cimetière du Père-Lachaise à Paris pour rappeler la mort de 8 205 Français à Mauthausen.
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