1941 MAÏDANEK 1944
Comme Auschwitz, Maïdanek (Majdanek) est un camp mixe. Vaste KZ à l’origine, il devient rapidement un camp d’extermination (Vernichtungslager). Le camp de Maïdanek est situé près de Lublin. Il a conservé le statut de camp de prisonnier de guerre jusqu’en mai 1942, bien que des massacres y aient eu lieu en grand nombre. À cette date, les SS lui donnent le nom officiel de KZ de Lublin. Depuis sa création les habitants de la région l’appellent camp de Maïdanek, du nom du village le plus proche. C’est ainsi qu’il est communément désigné aujourd’hui.
Le document sur lequel s’appuie l’étude est le rapport de la Commission extraordinaire polonoi-soviétique chargée de l’enquête sur les crimes commis par les Allemands dans le camp d’extermination de Maïdanek à Lublin. Il figure in extenso dans le livre Forfaits hitlériens publié en 1945. Maïdanek est construit à 2 kilomètres au sud de Lublin, dan le Gouvernement général dans l’Hinterland séparant la Vistule à l’ouest et le Bug à l’est. Au nord-est à été édifié le camp d’extermination de Sobibor et au sud-est, celui de Belzec.
Fin 1940, les SS choisistent le site et décident d’implanter le future camp dans un immense terrain vague, à droite de la chaussée de Chelm. Le plan initial, inspiré de celui du KZ de Dachau, mais beaucoups plus ambitieux, prévoyant en effet la construction d’un camp géant comportant plus de cent Blocks. C’est à cette construction que vont être employés des dizaines de milliers de déportés, dans des conditions inhumaines de l’extermination par le travail.
Commandants du camp
Karl Otto Koch (septembre 1941 à juillet 1942)
Max Koegel (août 1942 à octobre 1942)
Hermann Florstedt (octobre 1942 à septembre 1943)
Martin Weiss (septembre 1943 à mai 1944)
Arthur Liebehenschel (mai 1944 au 22 juillet 1944)
Vue du camp d’extermination de Maïdanek
À cette date, le camp de Maïdanek couvre une suprficie de 273 hectares. Il comporte 6 sections séparées par des barbelés, renfermant chacune 24 Blocks d’habitations, soit 144 baraques, chacune d’elles pouvant loger plus de 300 détenus, sans compter les dépendances, entrepôts, ateliers, bâtiments administratifs, ect. C’est une grande ville, écrit Simonov, avec des centaines de toits gris et bas en rangées régulières, séparées par des barbelés. Le camp est, en effet solidement entouré de barbelés.
À intervalles réguliers, des miradors armés de mitrailleuses assurent une veille permanente. La garnison est composée de SS et d’auxiliaires de la Kampfpolizei. 200 chiens-loups renforcent la surveillance. Pendant l’été 1943, Himmler vient inspecter le camp de Maïdanek.
Miradors entourant le camp
LES NATIONALITÉS
Maïdanek accueille dans un premier temps, d’octobre 1941 à avril 1942, des détenus de toutes origines; prisonniers de guerre polonais, soviétiques, civils et politiques polonais et russes et un nombre important de juifs. Dans un deuxième temps, à partir de mai 1942, les arrivées se font de plus en plus considérables 18 000 personnes arrivent de Bohême et de la Slovaquie, en juillet 1942, un premier convoi de Polonais accusés d’activités de partisans arriva à son tour, plus de 1 500 personnes. Em décembre 1942, plusieurs milliers de juifs et de Grècs arrivèrent d’Auschwitz.
Le 17 janvier 1943, 1 500 Polonais et 400 Polonais furent ammenés de Varsovie. Le 2 février 1943, il arriva 60 000 juifs du guetto de Varsovie. Pendant tout l’été et tous l’automne 1943, des convois affluèrent des principaux camps d’Allemagne : Dachau, Flossenbürg, Neuengamme, Gross-Rosen, Buchenwald. Aucun groupe ne comptait moins de 1 000 personnes.
Mirador du camp
LES PENDAISONS
Le premier local d’extermination de masses, était une petite cabane de planche qui s’élevait à l’entrée du camp, entre deux rangées de fils barbelés, sous le plafond de cette cabane, était fixée une grosse poutre tranversale portant toujours huit nœuds coulant de cuir. C’est la qu'’étaient pendus les détenus. Dans les premiers temps, la main-d’œuvre manquait au camp et les SS n’exterminaient pas les gens valides. Ils ne pendaient que ceux que la faim et les maladies avaient épuisés.
L’EXTERMINATION
La ration journalière était composée par du café de navet brûlés, une fois par jour ; de la soupe à l’herbe, deux fois par jour ; et par 180 à 270 grammes de pain, fait d’une mixture comprenant 50% de sciure de bois ou de farine de châtaigne, Cela avait pour résultat un épuisement total des prisonniers, la propagation générale de la tuberculose et d’autres maladies et des décès en masse. On ne donnait presque aucune nourriture aux prisonniers de guerre. Ils atteignaient un état d’extrême épuisement, étaient gonflés et même incapables de parler. Presque tous succonbèrent.
L’EXTERMINATION PAR LE TRAVAIL
Des sélections sont pratiquées à l’arrivée des convois selon le principe habituel, c’est-à-dire que les personnes incapables de travailler sont mises à mort rapidement ou immédiatement. Pour ceux qui sont astreints au travail. La journée de travail commençait à 4 heures du matin. Les Allemands faisaient irruption dans les baraques et chassaient les détenus de leurs couchette à coups de fouet, tous devaient être présent à l’appel malade ou non, ceux qui étaient morts pendant la nuit étaient portés dehors par leurs voisins. L’appel durait deux heures et s’accompagnait de coups et d’humiliations pour les prisonniers. À 6 heures du matin, on conduisait les prisonniers au travail. À l’appel du soir, le SS de service lisait la liste des prisonniers qui avaient mal travaillé et ceux-ci étaient fouettés ou battus sur un banc spécial. Le minimum de coups était de 25. Le prisonnier Zelen, connaissait un avocat nommé Nozek, de Radom qui reçu 100 coups, il mourrut trois jours plus tard.
Mausolée de Maïdanek rempli de cendres des corps de déportés
LES SÉVICES
Le premier est le jêune infligé à ces déportés chroniquement sous-alimentés. La moindre infraction entraînait pour les prisonniers la privation pendant plusieurs jours de leur maigre pitance, ce qui en fait, revenait à les faires mourir de faim, poursuit le rapport de la Commission. Un ancien détenu du camp, le Tchèque Tomasek déclara à la Commission : On mourrait de faim, il régnait un état d’épuisement général qui provoquait la mort de beaucoups de personnes. Les prisonniers mangeaient des charognes, des chats et des chiens et même des rats. La plupart de ces malheureux semblaient être des squelettes couverts de peau, ou encore étaient anormalement obèses par suite d’oedèmes et de goflements provoqués par la faim.
C. SIMONOV RAPPORTE DES SÉVICES :
Parfois pour les faires mourir plus vite, les gens épuisés étaient exposés au froid pendant de longues heures. À cela, il reste à ajouter ce qu’on dénommait les exercices gymnastiques du soir. Après l’appel du soir, les prisonniers généralement las, exténués au dernier point par une pénible journée de travail., étaient astreints à courir pendant une heure et demie dans la boue jusqu’au genoux, en hiver dans la neige, en été pendant la grande chaleur, autour du Block qui avait bien plus d’un kilomètre de circoférence. Le matin on ramassait les cadavres gisant tout le long de la clôture du Block.
LES AMUSEMENT DES SS
Le premier amusement consistait en particulier: un SS prenait à partie quelque détenus, lui signifiait qu’il avait enfreint quelques règlements du camp et méritait d’être fusillé. Le détenu était poussé au mur et le SS lui posait son parabellum au front. Attendant le coup de feu. La victime fermait les yeux. Alors le SS tirait en l’air, tandis qu’un autre lui assénait un grand coup de planche sur le crâne. Le prisonnier s’écroulait sans connaissance. Quand il revenait à lui les SS riaient et vu qu’il était tout ansanglanté, il était considéré comme condamné à mort et les SS le fisillaient.
Un autre amusement avait pour scène un bassin qui se trouvait dans une des baraques du camp,. Le détenu déclaré coupable était déshabillé et jeté dans ce bassin. Il tentait de remonter à la surface et de sortir de l’eau. Les SS qui se pressaient autour du bassin le repoussaient à coups de botte. S’il parvenait à éviter les coups, il obtenait le droit de sortir de l’eau, mais à une seule condition: il devait s’habiller en trois secondes. Alors la victime était de nouveau jetée à l’eau et martyrisée jusqu’à ce qu’elle se noie.
3e amusement : Ceci entraînait inévitablement la mort de celui aux dépens duquel on s’y livrait. Avant de le tuer, on l’amenait devant une essoreuse luisante de blancheur et on l’obligeait à glisser le bout des doigts entre les deux rouleaux de caoutchouc destinés à tordre le linge. Puis l’un des SS ou un autre détenu sur les ordres tournait la manivelle de l’essoreuse. Le bras de la victime était happé jusqu’au coude ou l’épaule par la machine. Les cris du supplicié étaient le principal plaisir des SS.
L’EXTEMINATION PAR FUSILLADES
L’histoire sanglante du camp de Maïdanek débute par la fusillade massive de prisonniers de guerre soviétiques oeuvre des SS en novembre 1941. 90 survécurent sur un groupe de 2000 prisonniers soviétiques; presque tous furent fusillés et un certain nombre furent torturés à mort. De janvier à avril 1942, d’autres groupes de prisonniers de guerre soviétiques furent diriger sur ce camp avant d’être fusillés. Au cours de l’hiver 1942, les Allemands tuèrent environs 5 000 prisonniers de guerre soviétiques de la même manière suivante: On les conduisaient des barraques jusqu’à une carrière où étaient creusées des fosses, et la, ont les abattais. Les habitants du village de Decenta furent également souvent témoins d’exécutions en 1944. Entre le mois de mars et le 22 juillet inclus, des hommes de la Gestapo ammenaient souvent des camions, des Polonais en grands nombres: Il y avait des hommes, des femmes et des enfants. Ils les ammenaient près des fours crématoires où après les avoirs complètement fait d’hésabillés ils les abattaient dans des fosses.
Certains jours, déclara le témoin Nedialek qui assista à ces exécutions massives de Polonais, entre 200 à 300 personnes et plus furent tuées.
À Maïdanek se retrouve toutes les sortes de mises à mort rencontrées dans les autres KZ et les camps d’exterminations.
Les pendaisons, des prisonniers de guerre de l’ancienne armée polonaise, capturés dès 1939 et détenus dans différents camps en Allemagne, furent rassemblés en 1940 dans le camp de la rue Lipovaya à Lublin, de là conduits par fournées à Maïdanek, où le même sort les attendait: tortures systématiques, exécutions massives, ect.
LES GAZAGES
Lorsque toutes les cellules équipées pour l’empoisonnement fonctionnaient simultanément, il était possible de tuer à la fois 1914 personnes. Il a été prouvé que dans ces cellules à gaz on empoisonna tous ceux qui étaient soit épuisés par la faim, soit affaiblis par un trop long et lourd travail et par le régime brutal, des prisonniers incapables de fournir un travail manuel, toutes les personnes atteintes du typhus et tous ceux que les Allemands jugeaient utile d’assassiner. 7 711 kilos de Zyklon B ont été utilisés pour les gazages de Maïdanek.
Le rapport de la Commission précise que des excutions ont eu lieu à Maïdanek à l’aide, d’une part d’un fourgon à gaz et, d’autre part de chambres à gaz, appelé ici cellules à gaz.
Un seul fourgon à gaz a fonctionné à Maïdanek. Les témoignages montrent qu’il était équipé comme à Belzec. Des corps autopsiés après la libération du camp ont permis de confirmer que ces victimes avaient été asphyxiées par les gaz d’échappement du moteur.
Le rapport contient un nombre important de témoignages signalant des exécutions dans les six chambres à gaz, notamment: 350 le 15 octobre 1942, 300 en mars 1943, (des Polonais), 300 le 20 juin 1943, 270 le 14 octobre 1943, 500 le 16 octobre 1943, 87 le 15 mars 1944, 158 enfants de deux à dix ans les 16 et 17 mai 1943 et 300 autres le 21 octobre 1943, 600 malades du camp en juin 1943, ect.
Le Zyklon B est utilisé à Maïdanek, ainsi que le monoxyde de carbone. Les installations ont fonctionné d’octobre 1942 à l’automne 1943, le rapport est conclut sur ce point.
LES INCINÉRATIONS
Four crémoire du camp de maïdanek
Les corps des vixctimes étaient enfouis dans de vaste fosses communes, puis brûlés sur des bûchers et dans les fours crématoires. La encore, le rapport de la Commission est précis: Les Allemands commençèrent par brûler les corps de tous ceux qu’ils avaient tués ou torturés à mort. Plus tard, spécialement en 1943 et 1944, ils commençèrent à brûler des cadavres en exumant des fosses les corps fusillé. Comme il y en avait une quantité considérable, les Allemands entrprirent la construction d’un immense four à cinq fourneaux. Les fours brûlèrent continuellement. La température povait atteindre 1 500 degrés. Afin de pouvoir mettre plus de corps, coupant les membres à la hache, les experts qui examinèrent en détail la construction des fours arrivèrent à la conclusion suivante; les fours devaient brûler sans interruption. Quatre corps, dont les membres avaient été détachés pouvaient être placés à la fois dans le four. Cela prenait quinze minutes pour brûler quatre corps, de sorte que quand tous les fours fonctionnaient, ils pouvaient brûlers 1 920 corps en vingt-quatre heures. Étant donné le fait qu’ont découvrit de grandes quantités d’ossements dans le camp (dans des fosses, des jardins potagers, des tas d’engrais), le conseil d’expert estima que les os étaient enlevés des fours avant d’être complètement consumé et qu’insi en fait ont brûlait beaucoups plus de 1 920 corps en vingt-quatre heures.
LA FIN DE MAÏDANEK
Des milliers de paires de souliers
Le 23 juillet 1944, les SS abandonnèrent Maîdanek. Auparavant, ils avaient évacué les 17 000 survivants, notamment sur Auschwitz. Quand l’Armée Rouge arriva, elle ne trouva que quelques dizaines de Russes. Beaucoups d’installations avaient été déruites, dynamitées où incendiées. L’immense crématoire restait intact. D’énormes entrepôts étaient encore remplis des dépouilles des victimes: Des dizaines de milliers de valises, de vêtement, de bottes, chaussures d’hommes, de femmes et d’enfants, des milliers de paires de lunettes, ceintures de femmes, de peignes etc. Certains de ces objets étaient emballés prêts à être expédiés à Berlin. Vêtements et objets portaient la marque de tous les pays d’Europe occupés par la Wehrmacht.
CONCLUSION
Maïdanek a été comme Auschwitz mais à un degré moindre, à la fois un camp de concentration et d’extermination.
La plupart des documents ayant été détruits, il est impossible d’établir le nombre de personnes qui y ont été assassinées. La Commission d’enquête dans une première estimation le 28 septembre 1944, avait avancé celui de 1 300 000 victimes. Parmi ces victimes, les Polonais avaient été les plus nombreux, puis les juifs, les soviétiques, dont une forte proportion de prisonniers de guerre. Paul Hilberg chiffre à 50 000 le nombre de juifs exterminés à Maïdanek. Mais il s’agit seulement des juifs et seulement de la période allant de septembre 1942 à 1943. Dans un article paru dans le no31 de novembre 1985, de la Presse Nouvelle mensuel de l’UJRE, Roger Maria estime à 360 000 le nombre des victimes entre octobre 1941 et juillet 1944. Le nombre le plus généralement admis est d’au moins 400 000 victimes appartenant à cinquante nationalités.
Parmi elles, au moins 4000 français juifs et non juifs, dont quelques actes de décès ont été enregistrés à la mairie de Lublin. Notamment des hommes des femmes et des enfants juifs partis en mars 1943 de Drancy.
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